Cœur Solidaire au cœur du plaidoyer régional pour la reconnaissance du travail domestique non rémunéré au Bénin et au Togo 

Cœur Solidaire - plaidoyer régional - reconnaissance du travail domestique non rémunéré

Le vendredi 26 juin 2026, le Bénin Royal Hôtel de Cotonou a accueilli un important atelier régional d’échanges et d’apprentissage consacré au Travail Domestique et de soins Non Rémunéré (TDNR) et à l’économie de s. Cette rencontre a réuni des représentants des institutions publiques, des parlementaires, des élus locaux, des organisations de la société civile, des chercheurs, des médias ainsi que des partenaires techniques et financiers du Bénin et du Togo autour d’un objectif commun : faire progresser la reconnaissance, la réduction et la redistribution du travail domestique non rémunéré dans les politiques publiques.

Coorganisé par l’Association d’Aide au Développement des Femmes du Bénin (AADEF-Bénin), l’ONG Cœur Solidaire du Togo et le Centre Africain pour le Développement Équitable (ACED), l’atelier s’inscrit dans le cadre du projet « Plaidoyer pour la Reconnaissance, la Réduction et la Redistribution du Travail Domestique de Soins Non Rémunéré au Bénin et au Togo » (P3RTDNR), financé par le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI).

Cœur Solidaire - reconnaissance du travail domestique non rémunéré

Une étape décisive pour transformer les résultats de recherche en actions politiques

Le projet P3RTDNR constitue une initiative de capitalisation et de valorisation des connaissances produites dans le cadre de deux projets majeurs mis en œuvre au Bénin et au Togo.

Le premier projet, porté par le Consortium Régional de Recherche en Économie Générationnelle (CREG), en collaboration avec le Population Reference Bureau (PRB), l’AADEF-Bénin et l’ONG Cœur Solidaire, vise à soutenir l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données probantes relatives au Travail Domestique et de Soins Non Rémunéré pour l’équité intergénérationnelle.

Le second projet, mis en œuvre par l’ACED, porte sur la mise à l’échelle d’un cadre politique inclusif de garde d’enfants destiné aux femmes évoluant dans le secteur informel.

En rapprochant les résultats issus de ces deux initiatives, le projet P3RTDNR ambitionne de renforcer le plaidoyer régional et de favoriser l’adoption de politiques publiques capables de mieux prendre en compte l’économie de soins et le travail domestique non rémunéré.

Une forte mobilisation des acteurs institutionnels et de la société civile

L’atelier a connu la participation de représentants des ministères sectoriels, des Assemblées nationales du Bénin et du Togo, de l’Institut National de la Femme du Bénin, des collectivités territoriales, des organisations de la société civile, des chercheurs, des médias ainsi que d’experts en économie générationnelle.

L’ONG Cœur Solidaire a conduit une importante délégation togolaise composée de parlementaires, de cadres ministériels, d’élues locales et d’organisations de la société civile, notamment la Grappe des Organisations Féministes du Togo (GOFT), le Cercle d’Actions pour le Développement et l’Épanouissement de la Femme et de l’Enfant (CADEFE) ainsi que l’association Solid’Action.

L’ouverture officielle des travaux a été marquée par les interventions de l’Honorable Mariama Baba Moussa épouse Soumanou, Présidente du Conseil d’Administration de l’AADEF-Bénin, et de Monsieur Torou Abou Boni, Directeur de Cabinet représentant le Président de l’Assemblée nationale du Bénin.

Les autorités présentes ont unanimement reconnu la nécessité d’intégrer davantage les questions relatives au travail domestique et de soins non rémunéré dans les politiques publiques et les mécanismes de planification du développement.

Des données probantes pour éclairer les politiques publiques

Les travaux de l’atelier ont été marqués par plusieurs communications scientifiques et techniques.

La première, présentée par le Dr Camille Guidimé du CREG, a porté sur les enjeux de la reconnaissance et de la valorisation du TDNR au Bénin et au Togo. S’appuyant sur les méthodologies NTA et NTTA, cette présentation a démontré que le travail domestique et de soins représente une part importante de la production globale des sociétés tout en restant largement invisible dans les indicateurs économiques classiques.

Les résultats montrent que les femmes supportent l’essentiel de cette charge, ce qui limite leur accès à l’emploi, aux opportunités économiques et aux espaces de prise de décision.

Le Dr Guidimé a rappelé que « pour mieux appréhender la problématique du bien-être collectif dans la création de richesse dans les pays, il faudrait pallier les limites de la seule prise en compte du marché rémunéré ».

Une deuxième communication faite par l’ONG Cœur Solidaire a permis de présenter les principaux acquis du projet régional mené au Bénin et au Togo, dont sont porteurs Cœur Solidaire et AADEF-Bénin. Parmi ces résultats figurent la production de données probantes sur le TDNR, le renforcement des capacités des organisations de la société civile, des parlementaires et des acteurs institutionnels, ainsi que l’engagement d’un dialogue politique autour de l’économie de soins.

Enfin, l’ACED a partagé les résultats de son étude diagnostique sur les modèles de garde d’enfants adaptés aux besoins des femmes du secteur informel au Bénin. Les conclusions révèlent notamment une absence de l’offre actuelle de garde en milieu rural, ainsi qu’une forte demande pour des services accessibles, flexibles, sécurisés et financièrement abordables en milieu urbain.

L’engagement de l’ONG Cœur Solidaire pour un changement durable

L’ONG Cœur Solidaire a conduit une importante délégation togolaise composée de parlementaires, de cadres des ministères sectoriels, d’élues locales et de représentants d’organisations de la société civile, notamment la Grappe des Organisations Féministes du Togo (GOFT), le Cercle d’Actions pour le Développement et l’Épanouissement de la Femme et de l’Enfant (CADEFE) et l’association Solid’Action.

Intervenant au nom de l’organisation, la Sénatrice Issoyotou Confort Kabissa-Lamboni a rappelé les actions déjà entreprises par Cœur Solidaire au Togo pour sensibiliser les communautés et les décideurs sur les enjeux liés au travail domestique non rémunéré.

Elle a réaffirmé l’engagement des acteurs togolais à poursuivre les efforts de plaidoyer et de mobilisation afin de faire reconnaître davantage la contribution essentielle des femmes au développement économique et social.

Des recommandations concrètes pour accélérer les réformes

Les travaux de groupes organisés durant l’après-midi ont permis aux participants de formuler des recommandations à l’attention des gouvernements, des parlementaires, des collectivités territoriales, des organisations de la société civile et des acteurs de la garde d’enfants.

Parmi les principales propositions figurent :

  • l’intégration de services de garderie accessibles dans les politiques éducatives et sociales ;
  • le renforcement de l’accès à l’eau potable et aux services sociaux de base en milieu rural ;
  • l’extension des congés de paternité ;
  • la promotion d’horaires de travail flexibles et du télétravail ;
  • le renforcement des campagnes d’information et de sensibilisation ;
  • l’élaboration de cadres législatifs consacrant officiellement la reconnaissance du TDNR, etc.

Les participants ont également insisté sur l’importance de faire évoluer les normes sociales afin que les responsabilités domestiques et de soins soient davantage partagées au sein des familles.

Une vision commune pour l’avenir

Au terme des travaux, un consensus s’est dégagé autour d’une conviction forte : le travail domestique et de soins non rémunéré constitue un véritable pilier du développement humain, social et économique.

Sa reconnaissance ne vise pas à remettre en cause les valeurs familiales ou communautaires, mais à promouvoir davantage de justice sociale, d’égalité entre les femmes et les hommes et de dignité pour toutes les personnes qui contribuent chaque jour au bien-être collectif.

À travers cet atelier régional, les acteurs du Bénin et du Togo ont réaffirmé leur volonté commune de transformer les connaissances scientifiques en décisions politiques concrètes afin de faire de l’économie de soins un levier stratégique pour l’équité intergénérationnelle et le développement durable.

Pour l’ONG Cœur Solidaire, le combat continue : rendre visible l’invisible, valoriser chaque contribution au bien-être collectif et construire des sociétés où le temps consacré aux soins et aux tâches domestiques est reconnu comme une richesse essentielle au développement.

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